Et puis les jours passent apportant avec eux les grands bonheurs et les petites contrariétés. 

Mon grand a eu 10, ma petite 3. Lui a moins envie d'apparaitre, que je parle de lui. 
Elle toujours mutine, petit soleil de 3 ans. Ecorchant les mots avec délices, construisant sa pensée avec bonheur. 

Au milieu, ma grande se débat avec une enseignante que je qualifierais de particulière pour ne pas être insultante. Alors nous l'aidons comme nous pouvons, attendant tous ensemble l'entrée en CE2. La maîtresse qui lui redonnera goût à l'école, qui ne lui donnera pas envie de ne plus y aller. Parce que, vraiment, si toutes les maitresses sont aussi méchantes que celle-là, ça ne vaut pas le coup d'apprendre. 
Alors, on la rassure, on la félicite, on l'encourage. On fait à la maison ce qui devrait aussi être fait à l'école. Alors, oui, je fais du tri et je priorise. A la trappe les poésies qui n'ont ni queue ni tête, on travaillera la mémoire avec les plus jolies. On apprendra à reconnaitre les toiles de maitres, on s'extasiera devant le bougeon qui sort. On fera ensemble le cycle des saisons avec de la peinture.
On apprendra ensemble les tables de multiplications (moi, je les sais déjà), je t'apprendrai la table de 9 avec tes doigts. On visualisera les nombres, on conceptualisera tout cela avec du matériel Lubienska. 
On cherchera dans les catalogues les pièces les plus chères aux montants très longs et très compliqués.
On sera plus forts que cette maitresse qui, d'après toi, ne t'aime pas. On te redira qu'elle n'est pas là pour t'aimer. Que c'est notre rôle de parents. Que le sien est dans l'enseignement. On lui montrera que tu es plus forte que tout ce qu'elle pense, qu'elle se trompe et qu'elle a tort, tout simplement parce que tu es une petite fille formidable qu'elle n'aurait pas dû mettre dans une case. 
Parce que les cases ça ne sert à rien, ça ne permet pas d'avancer. Les cases enferment, les cases sont aux antipodes de la bienveillance éducative. Et pourtant, il suffit de mettre le nez dehors pour en entendre parler. 
Alors, ma chérie, ta maitresse n'est pas vraiment une rigolote, mais tu sais quoi ? Dans quelques mois tu seras en CE2, et ça sera forcément mieux. 

Grandis ma douce, sans faire attention à elle, même si depuis la rentrée c'est vraiment difficile, on en sortira grandis. 
Et toi, tu sauras écrire des mots improbable, tu connaitras dans les moindres détails la vie dans les tranchées, tu auras été plus forte que les images associées. Tu vois ma Princesse, on aura surmonté tout cela, et on sera plus fortes. Et puis, tu verras, elle ne t'appellera plus "le bébé" et se souviendra de ton jolie prénom.
Tu viens ma Doucette, ensemble on lui montre ?